Le lever du Soleil (Bouchier, 1753)


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François Boucher, Le lever du Soleil, 1753.
Oil on canvas
318 x 261 cm
exposé au Salon de 1753
Wallace Collection, London

J.-B. Le Blanc, Observations sur les ouvrages de MM. de l'Académie de peinture et de sculpture, 1753, p. 13- 14.
Dans le premier, le Soleil sous la forme d'Apollon, quitte à regret le sein de Thétis, & l'on lit dans les yeux de ce Dieu, que c'est celui de la volupté. Une des Heures lui amenne son char, en l'avertissant que l'Aurore vient de partir. Dans un coin du Tableau on apperçoit les chevaux du Soleil tels qu'Ovide les peint, respirant le feu & l'impatience. Un Amour verse de l'ambroisie sur les mains d'Apollon; Thétis lui présente sa lyre, tandis que des Néréïdes lui attachent ses brodequins. Parmi celles qui sont sur le devant du Tableau, il y en a une qu'on ne se lasse pas regarder. Elle a cette naïveté aimable & touchante qui fait le caractere de l'une des Graces. On ne sçait où M. Boucher trouve les modeles de ce genre de beauté. On y reconnoît la nature, quoique rarement elle soit aussi piquante. La plûpart des Peintres se contentent de la rendre telle qu'elle est: l'imagination de M. Boucher l'embellit: il n'en sasit que ce qu'elle a de précieux; il acheve ce qu'elle a laissé d'imparfait; il ajoute des graces à ce qui n'a souvent que de la beauté. Ce caractere, dont tous ses Ouvrages portent l'empreinte, est l'effet d'un don qui lui est propre.
cité par Démoris [2008] 130.

Parmi celles qui sont sur le devant du Tableau, il y en a une qu'on ne se lasse pas regarder.
「作品の前景にいる女たちの中に、我々の視線を捉えて離さないものがひとりいる」
どの人物像を指しているのかは定かでないが、ラ・フォンの批評文に見られる類似の記述から、右端でこちら側を向いているニュンフェを指しているものと推測される。


Il a exposé cette année-ci deux grands tableaux en hauteur. Le premier représente le lever du Soleil qui sort du sein de Neptune, & va donner la lumiere à l'univers. Le Peintre a embelli son sujet de toutes les divinités qui sont à la suite de Thetis, & servent à son triomphe. Il y a prodigue, sans beaucoup de choix ni d'ordre, les Nayades & les Tritons dont quelques-uns sont peints avec force & d'un bon ton. Quoique la mer paroisse agitée, on y voit toutes ces divinités dans un repos parfait & assés peu vrai-semblable. Le Peintre a donné à ces beautés maritimes toutes les graces de celles de la terre. Une entr'autres qui paroît dans un groupe & ne laisse voir que son visage, a dans sa phisionomie tout le piquant & le voluptueux que l'on peut y mettre, & a fixé les regards & les éloges de plusieurs spectateurs aux dépends de tout le reste du tableau. On a critiqué avec justice l'attitude du dieu de la lumiere qui est extrêmement contrainte, & dont la tête violemment panchée en arriere sans raison & sans expression produit un effet désagréable. La lire qu'on lui presente, est assés hors de propos. Si le peintre eut été plus versé dans l'histoire poëtique, il auroit su que lorsque l'on donnoit des noms différents à la même Divinité, c'étoit ordinairement pour désigner ses diverses fonctions. La Lune étoit honorée sous le nom de Diane dans les forêts auxquelles elle présidoit, mais elle étoit encore Hécate dans les Enfers où elle tenoit un autre empire, aussi bien que dans le Ciel sous son nom ordinaire. Il en étoit de même Dieu du Soleil; placé sur l'Helicon, au milieu des Muses, c'étoit Apollon le Dieu de l'harmonie & de la poësie. Mais dans le Ciel monté sur son char, tenant les rênes de ses chevaux, & & éclairant notre hemisphère, ce n'est plus Apollon mas le Soleil, & une lire alors dans ses mains, si l'on eut pû l'y placer, eut été une inattention du peintre trop remarquable. Un peu plus de lecture lui eut épargné cette faute dans l'historique de son sujet.
Mais l'indifférence de tout ce Cortége marin, dont presque toutes les figures tournent le dos au dieu du jour, & semblent n'être dans ce tableau que pour en remplir les vides, sans prendre aucun intérêt à l'action principale qui est le départ du Soleil, est une faute essentielle, & plus difficile à excuser.


















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