Gryps


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Louis de Jaucourt, Encyclopédie, 1757, VII, 945- 946.
GRIFFON, ou plûtôt GRYPHON, s. m. (Myth. & Littérat.) en grec γρὺψ, animal fabuleux qui pardevant ressembloit à l'aigle, & par - derriere au lion; avec des oreilles droites, quatre piés, & une longue queue.
Hérodote, Pomponius Méla, Elien, Solin, & Apulée, semblent avoir crû que cette espece d'animal existoit dans la nature; car ils nous disent que près les Arismaspes dans les pays du nord, il y avoit des mines d'or gardées par des gryphons, & qu'on en immoloit quelquefois sur les hécatombes; mais tous les autres écrivains de l'antiquité ne reconnoissoient de gryphons que dans la fable, & les écrits des Poëtes. Quand Virgile, parlant du mariage mal assorti de Mopsus & de Nisa, s'écrie, qu'on joindroit plûtôt des gryphons avec des jumens; il ne veut que peindre la bisarrerie d'une pareille union.
Le gryphon n'étoit dans son origine qu'un hyéroglyphe des Egyptiens, par lequel ils désignoient Osiris, ou si l'on veut, par lequel ils vouloient exprimer l'activité du soleil, lorsqu'il est dans la constellation du lion. Les Grecs firent du hyéroglyphe un animal; la Gravure le représenta, la Poésie le peignit, & les Mythologistes trouverent de belles moralités renfermées dans cette peinture.
Les gryphons furent consacrés à Jupiter, à la déesse Némésis, mais particulierement à Apollon ou au Soleil; ils sont souvent attelés au char de ce dieu, & Claudien nous le représente visitant ses autels dans un char traîné par des gryphons.
Phoebus adest & fraenis grypha jugalem Riphaeo, repetens tripodas, detorsit ab axe. In panegyr. Honorii.
Sidoine Apollinaire lui donne le même équipage; dans un grand nombre de médailles greques & latines, le gryphon entre avec le trépié, la lyre, & le laurier, dans les symboles qui indiquent le culte d'Apollon.
Les Panormitains, les Abdérites, les Teiens, les Sciotes, & la ville de Smyrne, ont aussi souvent un gryphon sur leurs médailles; mais pour abréger, les curieux d'érudition sur cette matiere peuvent consulter Spanheim, diss. v. Beger, tom. II. pag. 368. Vossius de idolol. lib. III. cap. xcjx. Bochart, hyérozoic. part. II. lib. II. cap. v. & vj. & enfin Aldrovandus parmi les Naturalistes. Cet animal chimérique entre dans les armoiries. Il y est ordinairement rampant. (D. J.)








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