Tout-ensemble

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tout-ensemble

Jp. : 全体性(島本浣 [1988]), 総体(安西信一)

Étymologie et Histoire
TLFi, art. ENSEMBLE, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1669 un Tout-ensemble (MOLIÈRE, Val-de-grâce, éd. M. AD. Régnier, IX, 80); 1694 subst. (CORNEILLE, p. 373). Substantivation de ensemble.

Petit Robert, art. ENSEMBLE n. m.
1694; tout-ensemble 1668; subst. de 1 ensemble.



André Félibien, Les Conférences de l'Académie royale de peinture et sculpture pendant l'année 1667, 1668, 7ème conférence, Sébastien Bourdon, Sur Les Aveugles de Jéricho de Poussin, (3 décembre 1667). [éd. par Mérot, 2003, 115].
M. Bourdon voyant la compagnie dans l'attente des remarques qu'il devait faire sur cet ouvrage, commença son discours par un éloge qu'il fit du mérite de M. Poussin et de ses tableaux; et, après avoir montré combien il lui était difficile d'expliquer assez dignement six parties principales qu'il a remarquées dans celui-ci, qui sont la lumière, la composition, la proportion, l'expression, les couleurs et l'harmonie du tout ensemble, il dit qu'il tâcherait d'imiter les abeilles qui, trouvant un parterre émaillé d'une infinité de fleurs, en choisissent quelques-unes sur lesquelles elles prennent plaisir d'amasser le miel.
TLFiの挙げるモリエールより1年早い用例。この講演録にあるtout-ensembleの語が、もととなった67年12月のBourdonの講演に正しく準拠しているとすれば、67年には既に画家の間で用いられていた、ということになる。


André Félibien, IX. Entretien, 1688, 447- 448. [éd. 1725, tome 4, 168- 169].
Combien de fois avons-nous consideré dans Rome le Salon du Palais Barberin, où nous trouvions tant de graces & de noblesse dans la disposition des figures, tant d'agrément dans leurs attitudes & dans leurs airs de têtes; une si belle union dans leurs couleurs, & ce que les Italiens nomment Vaguezza? Quoi-que cet ouvrage soit [peint] à fraisque, il n'y a pas moins de force & de tendresse que s'il étoit peint à l'huile. Et bien que le dessein n'en soit pas d'un goût exquis, ni les draperies des figures tout-à-fait bien entenduës & naturelles; cependant il se trouve que le tout ensemble a quelque chose de si gracieux & de si doux à la vuë, qu'il n'y a personne qui ne sente beaucoup de plaisir en le regardant.
フェリビアンの『対話』の中で、名詞形としてtout-ensembleの語が用いられている(おそらく唯一の)箇所。Pietro da Cortona『神の摂理の勝利』の「tout-ensemble」を称賛する。


André Félibien, IX. Entretien, 1688, II, 472- 473.
Il [Poussin] disposoit sur une table de petits modelles qu'il couvroit de vestemens pour juger de l'effet & de la disposition de tous les corps ensemble [...].
tout-ensembleの語はないが、同様の事柄を指してl'effet de tous les corps ensembleとある。



Roger de Piles
Abregé de la vie des peintres: avec des réflexions sur leurs ouvrages, 1699, [éd. 1767, 191].
II [Le Giorgion] entendoit très-bien le clair-obscur, & l'harmonie du tout-ensemble ; il ne se servoit pour ses carnations que de quatre couleurs capitales, dont le judicieux mélange faisoit toute la différence des âges & des sexes. Mais dans ces quatre couleurs, on ne doit vraisemblablement y comprendre ni le blanc qui tient lieu de la lumiere, ni le noir qui en est la privation.

Abregé de la vie des peintres: avec des réflexions sur leurs ouvrages, [éd. 1767, 197f].
Le soin qu'il [Titien] prenoit de concerter judicieusement, le tout ensemble de ses ouvrages lui a fait répéter plusieurs fois les mêmes compositions pour éviter de nouvelles peines: & l'on voit de sa main plusieurs tableaux de Magdelaine, de Vénus & d'Adonis, où il a seulement changé le fond, afin qu'on ne put douter qu'ils ne fussent tous originaux. Ce n'est pas qu'il ne soit à présumer qu'il se prévaloir du secours de ses éleves, & fur tout de trois flamans, qui étoient d'excellens Peintres, entre lesquels Diteric Barent étoit le disciple favori du Titien. Après que de tels éleves ont épuisé leurs industries à rendre leurs copies équivoques, & que leur maître avec des yeux frais les a rétouchées, & y a répandu son esprit? qui doute qu'elles ne doivent être estimées de sa propre main, aussi-bien que le premier original?

Abregé de la vie des peintres: avec des réflexions sur leurs ouvrages, 1699, [éd. 1767, 229].
Si son [Le Bassan] talent n'étoit pas pour le genre héroïque ci pour les histoires, qui demandent de la dignité, il a bien traitté les sujets champêtres, & ceux qui étoient proportionnés à la mesure de son génie. Car de quelque maniere que fussent ses objets, il les savoit disposer avantageusement; pour l'effet du tout ensemble, & s'il a mal ajusté & mal tourné certaines choses particulieres, il les a du moins rendues vraies & palpables.

Abregé de la vie des peintres: avec des réflexions sur leurs ouvrages, 1699, [éd. 1767, 347].
Si ce Peintre [Rubens] a su ingénieusement inventer les objets qu'il faisoit entrer dans ses compositions, il avoit encore l'art de les disposer si avantageusement, que non seulement chaque objet en particulier fait plaisir à voir: mais qu'il contribue encore à l'effet du tout-ensemble.

Cours de peinture par principes, 1708, [éd. 1766, 99- 105].
Du tout-ensemble.

La derniere chose qui dépend de la disposition est le tout-ensemble.

Le tout-ensemble est un résultat des parties qui composent le tableau, en-sorte néanmoins que ce tout, qui est une liaison de plufleurs objets, ne soit point comme un nombre composé de plusieurs unités indépendantes & égales entr'elles, mais qu'il ressemble à un tout politique ; où les grands ont besoin des petits, comme les petits ont besoin des grands. Tous les objets qui entrent dans le tableau, toutes les lignes & toutes les couleurs, toutes les lumieres & toutes les ombres ne sont grandes ou petites, fortes ou foibles que par comparaison. Mais quelle que soit la qualité de toutes ces choses, & quelque soit l'état où elles se trouvent , elles ont une relation dans leur assemblage, dont aucune en particulier ne peut se prévaloir. Car l'effet qui en résulte consiste dans une subordination générale où les bruns font valoir les clairs, comme les clairs font valoir les bruns, & où le mérite de chaque chose n'est fondé que sur une mutuelle dépendance. Ainsi pour définir le tout-ensemble, on peut dire que c'est une subordination générale des objets les uns aux autres, qui les fait concourir tous ensemble à n'en faire qu'un.

Or cette subordination qui fait concourir les objets à n'en faire qu'un, est fondée sur deux choses , sur la satisfaction des yeux, & sur l'effet que produit la vision. C'est ce que je vais expliquer.

Les yeux ont cela de commun avec les autres organes des sens, qu'ils ne veulent point être interrompus dans leurs fonctions, & il faut convenir que plusieurs personnes qui parleroient dans un même lieu, en même tems & de même ton, feroient de la peine aux auditeurs qui ne sauroient auquel entendre. Semblable chose arrive dans un tableau, où plusieurs objets séparés, peints de même force, & éclairés de pareille lumiere, partageraient & inquiéteroient la vue, laquelle , étant attirée de différens côtés seroit en peine sur lequel se porter, ou qui voulant les embrasser tous d'un même coup d'œil, ne pourroit les voir qu'imparfaitement.

Pour éviter donc la dissipation des yeux, il faut les fixer agréablement par des liaisons de lumieres & d'ombre, par des unions de couleurs , & par des oppositions d'une étendue suffisante, pour soutenir les grouppes, & leur servir de repos. Mais si le tableau contient plusieurs grouppes, il faut qu'il y en ait un qui domine sur les autres en force & en couleur: & que d'ailleurs les objets séparés s'unissent à leur fond pour ne faire qu'une masse, laquelle serve de repos aux principaux objets. La satisfaction des yeux est donc l'un des fondemens de l'unité dans les tableaux.

L'autre fondement de cette même unité, c'est l'effet que produit la vision & la maniere dont elle se fait. L'œil a la liberté de voir parfaitement tous les objets quf l'environnent, en se fixant succesfivement sur chacun d'eux ; mais quand il est une fois fixé, de tous les objets il n'y a que celui qui se trouve au centre de la vision, lequel soit va clairement & distinctement: les autres n'étant vus que par des rayons obliques, s'obscurcissent & se confondent à mesure qu'ils s'éloignent du rayon direct. C'est un fait que nous vérifions à tous les instans que nous portons nos yeux sur quelque objet.

Je suppose, par exemple, que mon œií A se porte sur l'objet B par la ligne directe A B. II est certain que si je ne remue pas mon œil, & qu'en même tems je veuille observer les autres objets qui ne font vus que par les lignes obliques à droite & à gauche, je trouverai que bien qu'ils soient tous sur une même ligne circulaire à la même distance de mon œil, ils s'effacent & diminuent de force & de couleur à mesure qu'ils s'écartent de la ligne directe, qui est le centre de la vision.

D'où il s'ensuit que la vision est une preuve de l'unité d'objet dans la nature.

Or si la nature, qui est sage, & qui en pourvoyant à nos besoins les accompagne de plaisirs, réduit ainsi sous un même coup d'œil plusieurs objets pour n'en faire qu'un, elle donne en cela un avis au Peintre, afin qu'il en profite selon que son art & la qualité de son sujet le pourront permettre. II me paroît que cette observation n'est pas indigne de la réflexion du Peintre, s'il veut travailler pour la satisfaction des yeux à l'exemple de la nature dont il est imitateur.

Je rapporterai encore ici l'expérience du miroir convexe, lequel encherit sur la nature pour l'unité d'objet dans la vision. Tous les objets qui s'y voient font un coup d'œil de un tout-ensemble plus agréable que ne feroient les mêmes objets dans un miroir ordinaire, & j'ose dire dans la nature méme. ( Je suppose le miroir convexe d'une mesure raisonnable, & non pas : de ceux qui pour être partie d'une petite circonference corrompent trop la forme des objets. ) Je dirai en passant que ces sortes de miroirs qui sont devenus assez rares pourroient être utilement consultés pour les objets particuliers, comme pour le général du tout-ensemble.

Après tout, c'est au Peintre à se consulter soi-même sur le travail qu'il entreprend. Car si son ouvrage est grand, il peut le composer de plusieurs grouppes qui après le premier coup d'œil feroient capables de fixer les yeux du spectateur, par le moïen des répos bien menagés, & de devenir à leur tour un centre de vision. Ainsi le Peintre judicieux doit faire en sorte qu'après le premier coup d'œil, de quelque étendue que soit son ouvrage, les yeux en puissent jouir successivement.

II reste encore à parler d'un effet merveilleux du tout-ensemble , c'est de mettre tous les objets en harmonie. Car l'harmonie quelque part qu'elle se rencontre, vient de l'arangement & du bon ordre. II y à de l'harmonie dans la morale comme dans la physique ; dans la conduite de la vie des hommes, comme dans le corps des hommes mêmes. Il y en a enfin dans tout ce qui est composé de parties, qui bien que différentes entr'elles s'accordent néanmoins à faire un seul tout, ou particulier, ou général. Or comme on doit supposer que cet ordre se trouve dans toutes les parties de la Peinture separément, on doit conclure qu'elles ont leur harmonie particuliere. Mais ce n'est point assez que ces parties ayent leur arangement & leur justesse en particulier, il faut encore que dans un tableau elles s'accordent toutes ensemble, & qu'elles ne fassent qu'un tout harmonieux ; de même qu'il ne suffit pas pour un concert de musique que chaque partie se fasse entendre avec justesse, & demeure dans l'arangement particulier de ses notes, il faut encore qu'elles conviennent d'une harmonie qui les rassemble, & qui de plusieurs tons particuliers n'en fasse qu'un général. C'est ce que fait la Peinture par la subordination des objets, des grouppes, des couleurs, & des lumieres dans le général du tableau.

II y a dans la Peinture différens genres d'harmonie. II y en a de douce & de moderée, comme l'ont ordinairement pratiqué le Correge & le Guide. II y en a de forte & d'élevée, comme celle du Giorgion, du Titien & du Caravage : & il y en peut avoir en différens degrés, selon la supposition des lieux, des tems, de la lumiere & des heures du jour. La lumiere haute dans un lieu enfermé produit des ombres fortes, & celle qui est en pleine campagne demande des couleurs vagues & des ombres douces. Enfin l'excellent Peintre sait l'usage qu'il doit faire non seulement des saisons , mais des tems, & des accidens qui se rencontrent dans le ciel & sur la terre, pour en faire, comme nous avons dit, un tout harmonieux.

Voilà l'idée que je me suis formée de ce qu'on appelle en Peinture tout-ensemble. J'ai tâché de la faire concevoir comme une machine dont les roues se prêtent un mutuel secours, comme un corps dont les membres dépendent l'un de l'autre, & enfin comme une œconomie harmonieuse qui arrête le spectateur, qui l'entretient, & qui le convie à jouir des beautés particulieres qui se trouvent dans le tableau.

Si l'on veut faire un peu de réflexion sur tout ce que je viens de dire touchant la disposition, on trouvera que cette partie, qui en contient beaucoup d'autres, est d'une extrême conséquence ; puisqu'elle fait valoir tout ce que l'invention lui a fourni, & tout ce qui est de plus propre à faire impression sur les yeux & sur l'esprit du spectateur.

Les habiles Peintres peuvent connoître par leur propre expérience, que pour bien réussir dans cette partie si spirituelle, il faut s'élever au dessus du commun, & se transporter, pour ainsi dire , hors de foi même : ce qui m'a donné occasion de dire ici quelque chose de l'enthousiasme, & du sublime.


author unknown, Encyclopédie, XVI, 1765, 487, art. TOUT-ENSEMBLE.
TOUT-ENSEMBLE, (Peinture.) le tout-ensemble d'un tableau, est la correspondance convenable, & l'union générale de toutes les parties d'un tableau. M. Watelet vous en instruira au mot Ensemble.











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