Modèle idéal

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Diderot, Encyclopédie, I, 1751, 141, art. ADMIRATION.
Saint - Evremond dit que l'admiration est la marque d'un petit esprit: cette pensée est fausse; il eût fallu dire, pour la rendre juste, que l'admiration d'une chose commune est la marque de peu d'esprit: mais il y a des occasions où l'étendue de l'admiration est, pour ainsi-dire, la mesure de la beauté de l'ame & de la grandeur de l'esprit. Plus un être créé & pensant voit loin dans la nature, plus il a de discernement, & plus il admire. Au reste il faut un peu être en garde contre ce premier mouvement de notre ame à la présence des objets; & ne s'y livrer que quand on est rassûré par ses connoissances, & surtout par des modeles auxquels on puisse rapporter l'objet qui nous est présent. Il faut que ces modeles soient d'une beauté universellement convenue. Il y a des esprits qu'il est extrèmement difficile d'étonner; ce sont ceux que la Métaphysique a élevés au-dessus des choses faites; qui rapportent tout ce qu'ils voyent, entendent, &c. au possible, & qui ont en eux-mêmes un modele idéal au-dessous duquel les êtres créés restent toûjours.

[auther unknown], Encyclopédie, II, 1752, 31, art. BALANCIER.
Balancier, s. m. partie du Métier à bas, fixée par deux vis sur chaque extrémité des épaulieres. Il étoit composé dans les anciens métiers de deux barres paralleles 14, 14, 15, 15, assemblées, comme on voit Plan. Ill. fig. 1. où celle d'en - bas est terminée par deux petits crochets. On a corrigé le balancier dans les métiers nouveaux, en supprimant la barre 15, 15, avec son tenon, & en lui substituant sur la barre 14, 14, à égale distance des épaulieres, deux vis dont la tête percée & placée sous la barre 14, 14, peut recevoir deux petits crochets qui ont les mêmes fonctions que ceux de la piece qu'on a supprimée, & qui donnent encore la facilité de hausser & de baisser les crochets à discretion. Voyez à l'article Bas au Métier, à la seconde opération de la main d'oeuvre, qu'on appelle le foncement de pié, l'usage du balancier. Mais observez que si cette facilité de baisser & de hausser les crochets à discrétion perfectionne la machine, en donnant lieu à un tâtonnement à l'aide duquel on obtient le point de précision qu'on cherche, on n'eût pas eu besoin de tâtonner, s'il cût été possible aux ouvriers qui construisent les métiers à bas de se conformer avec exactitude aux proportions du modele idéal qui existoit dans la tête de l'inventeur.


Diderot, Encyclopédie, 1753, III, 300- 301, art. CHEVAL, equus.
Pour juger plus sûrement des occasions où les défauts sont où ne sont pas compensés par les qualités, il est à-propos d'avoir dans l'esprit le modele d'un cheval parfait, auquel on puisse rapporter les autres chevaux. La nécessité d'un modele idéal s'étend à tout, même à la critique vétérinaire. Voici l'esquisse de ce modele.

Le cheval est de tous les animaux celui qui avec une grande taille a le plus de proportion & d'élégance dans les parties de son corps. En lui comparant les animaux qui sont immédiatement au-dessus & au-dessous, on trouve que l'âne est mal fait, que le lion a la tête trop grosse, que le boeuf a la jambe trop menue, que le chameau est difforme, & que le rhinoceros & l'éléphant ne sont, pour ainsi dire, que des masses. Dans le cheval bien fait, la partie supérieure de l'encolure dont sort la criniere, doit s'élever d'abord en ligne droite en sortant du garrot, & former ensuite en approchant de la tête, une courbure à-peu-près semblable à celle du cou d'un cygne. La partie inférieure de l'encolure ne doit former aucune courbure; il faut que sa direction soit en ligne droite, depuis le poitrail jusqu'à la ganache, & un peu panchée en-devant: si elle étoit perpendiculaire, l'encolure seroit fausse. Il faut que la partie supérieure du cou soit mince, & qu'il y ait peu de chair auprès de la criniere, qui doit être médiocrement garnie de crins longs & déliés. Une belle encolure doit être longue & relevée, & cependant proportionnée à la taille du cheval: trop longue & trop menue, le cheval donne des coups de tête; trop courte & trop charnue, il est pesant à la main. La tête sera placée avantageusement, si le front est perpendiculaire à l'horison; elle doit être seche & menue, non trop longue. Les oreilles seront peu distantes, petites, droites, immobiles, étroites, déliées, bien plantées au-haut de la tête. Il faut que le front soit étroit & un peu convexe; que les salieres soient remplies; les paupieres minces; les yeux clairs, vifs, pleins de feu, assez gros, avancés à fleur de téte; la prunelle grande; la ganache décharnée & un peu épaisse; le nez un peu arqué; les naseaux bien ouverts & bien fendus; la cloison du nez mince; les levres déliées; la bouche médiocrement fendue; le garrot élevé & tranchant; les épaules seches, plates, & peu serrées; le dos égal, uni, insensiblement arqué sur la longueur, & relevé des deux côtés de l'épine qui doit paroitre enfoncée; les flancs pleins & courts; la croupe ronde & bien fournie; la hanche bien garnie; le tronçon de la queue épais & ferme; les cuisses & les bras gros & charnus; le genou rond en-devant & large sur les côtés; le nerf bien détaché; le boulet menu; le fanon peu garni; le paturon gros & d'une médiocre longueur; la couronne peu élevée; la corne noire, unie, & luisante; la fourchette menue & maigre, & la sole épaisse & concave.















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